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LE REFLUX VÉSICO-RÉNAL


Les urines sont produites par les reins afin d'éliminer une partie des déchets de l'organisme.

Elles sont transportées par les uretères vers la vessie. Le mode de branchement des uretères dans la vessie se fait selon un trajet oblique et long qui évite aux urines de remonter vers le rein. 

Lorsque ce système est défaillant, il existe un reflux vésico-urétéral. 

Le reflux peut être à l’origine de pyélonéphrite aiguë (infection urinaire touchant le rein) car les bactéries présentes dans la vessie peuvent remonter vers les reins. 

Le reflux peut également altérer la fonction du rein, en fonction de son importance et des infections qu’il provoque. 

Le diagnostic de reflux est fait par la réalisation d’une cystographie rétrograde. 

Cet examen est réalisé chez un enfant chez qui une anomalie rénale a été vue en diagnostic anténatal (dilatation urétérale ou pyélique, uni ou bilatérale), ou au décours d’une pyélonéphrite.

Son retentissement sur la fonction du rein est évalué par un bilan biologique et par une scintigraphie rénale. 

Quelles sont les possibilités thérapeutiques ?

Surveillance : la croissance et la maturité de l’appareil urinaire permettent une guérison spontanée du reflux dans environ 80 % des cas dans les premières années de vie. La surveillance se fait par échographie. 

Antibioprophylaxie : consiste à donner de faibles doses d'antibiotiques afin d'éviter la survenue d’infection chez les enfants qui ont déjà eu une pyélonéphrite, ou qui ont un ou des uretères dilatés. 

Le traitement chirurgical : 

Il est indiqué en cas de pyélonéphrites répétées, avec ou sans altération de la fonction du rein. 

Il consiste à repositionner correctement les uretères dans la vessie, afin de créer le système anti-reflux défaillant. 

On parle de réimplantation urétéro-vésicale. 

Traitement endoscopique : consiste à créer le système anti-reflux en injectant un produit bio-compatible dans la paroi vésicale, sous la muqueuse.

L’intervention

Je pratique la technique chirurgicale appelée intervention de Cohen. Elle donne 99% de bons résultats. 

Elle se déroule sous anesthésie générale et loco-régionale lors d’une hospitalisation de quelques jours. Une consultation avec le médecin anesthésiste a lieu quelques jours avant l'intervention. Un bilan biologique et une analyse d’urines sont à réaliser au préalable. En cas d’infection urinaire, l’intervention peut être reportée. 

La peau est incisée horizontalement au-dessus du pubis.

La vessie est ouverte. Le, ou les uretère(s) sont réimplantés dans la vessie en allongeant leur trajet sous muqueux et fixés à la paroi vésicale dans leur nouvel emplacement. 

Après l’intervention, l'enfant a une sonde vésicale qu'il va garder pendant 2 à 3 jours et une perfusion permettant de l’hydrater et de lui administrer des médicaments contre la douleur. La sortie se fait après l’ablation de la sonde vésicale, au 2° jour post-opératoire, quand l’enfant urine de façon correcte et non douloureuse. La cicatrice est fermée par une colle cutanée imperméable qui permet de prendre des douches ou de laver l’enfant au gant. Il n’y a pas de fil à retirer. Un traitement contre la douleur est prescrit. Parfois, les urines peuvent se colorer en rouge transitoirement à la maison. 

Un contrôle clinique par le chirurgien et une échographie sont prévus 2 mois après l’intervention. 

Risques et complications

Toute intervention chirurgicale comporte un certain nombre de risques et complications.

Le chirurgien peut se trouver en face d’une découverte ou d’un événement imprévu nécessitant des actes complémentaires ou différents de ceux initialement prévus, voire une interruption du protocole planifié.

Certaines complications sont liées à l’état général de votre enfant et à l’anesthésie ; elles vous seront expliquées lors de la consultation préopératoire avec le médecin anesthésiste et sont possibles dans toute intervention chirurgicale.

Risques liés au geste opératoire :   

Complications immédiates : 

La présence de sang ou de caillots dans les urines est normale. La coloration rouge des urines s’estompe avec la prise de boisson. 

Un oedème (gonflement de l'uretère lié à sa dissection) peut entrainer un obstacle passager à l'écoulement des urines. Il se traduit par des vomissements ou une diminution de la quantité d'urines. Des corticoïdes sont donnés en per et post opératoire pendant 48 heures pour limiter cet œdème. 

Un hématome ou une infection de la cicatrice sont traités par soins locaux 

Complications tardives : 

Rétrécissement persistant de l'uretère constituant une sténose : elle entraine une dilatation des cavités rénales. 

Échec avec réapparition d’un reflux : rare : 1 % après Cohen. Une cystographie de contrôle ne sera réalisée qu’ne cas de récidive de pyélonéphrites avérées. 

Infections urinaires basses (sans fièvre) : elles restent possibles et sont limitées per une prise de boisson abondante et des mictions régulières. 

Suivi : 

Après la première consultation post-opératoire, un suivi au long cours est mis en place, avec échographies régulières. 

La cystographie n’est pas nécessaire ; elle ne sera ralisée que si l’enfant présente de nouvelles pyélonéprhites avérées. 

Une scintigraphie est réalisée à distance si une asymétrie de fonction avait été notée en pré opératoire, de même qu’un suivi néphrologique. 

Le dernier contrôle a lieu vers l’âge de 15 ans avec un passage à une équipe d’urologues d’adultes si nécessaire. 

 

Fiche d'information élaborée par le Docteur AIT ALI SLIMANE

Télécharger : Fiche information : LE REFLUX VÉSICO-RÉNAL